Course
« Allez, allez, allez, vous êtes marathoniens ! »
Le départ d’un marathon ressemble toujours à une libération. Surtout lorsque le vent glace
les corps immobiles. Cette année, nous avons inauguré un nouveau protocole de libération
des sas. L’objectif n’était évidemment de retarder personne mais au contraire de permettre
à chacune et chacun de s’exprimer dans les meilleures conditions de confort et de sécurité.
Merci à tous de votre coopération enthousiaste !
A l’avant, la course a été d’une incroyable densité malgré les bourrasques. Le Kenyan Stanley
Biwott, déjà vainqueur du semi de la capitale le 4 mars dernier, a établi un nouveau record de
l’épreuve. Son chrono : 2h05’11 (contre 2h05’47 pour son compatriote Vincent Kipruto en
2009). Côté féminines, l’Ethiopienne Tirfi Beyene bat elle aussi la meilleure performance du
Marathon de Paris en 2h21’39 (contre 2h22’02 pour Astede Bayisa en 2010).
Au fil des années, la plus grande épreuve sportive amateur de l’Hexagone tisse une vraie toile
d’humanité entre les coureurs de toutes nationalités et de tous niveaux. Il suffit de s’immerger
au cœur du peloton pour saisir les contours de cette fraternité de l’effort. Chez les moins de
trois heures, où Paris fait toujours la course en tête avec plus d’un millier de finishers sous
la barre mythique, les visages sont graves et les foulées concentrées. Les meneurs d’allure,
une invention du marathon de la capitale, font leur boulot pour conduire une petite armée de
coureurs de bon niveau sur les bases 4min15 au kilomètre.
Derrière, le peloton s’organise. De la rue de Rivoli à la place de la Bastille, du Château de
Vincennes au Musée d’Orsay, de la Tour Eiffel au Bois de Boulogne : 42,195km d’un ruban
bigarré, attentif et pourtant festif. Il est rare que la bonne humeur se dissipe et tout devient
prétexte à des applaudissements ou des cris joyeux.
Paris s’offre en spectacle. Certains coureurs de province n’hésitent pas à demander aux
coureurs de la capitale de leur servir de guide.
« Là, c’est quoi : Notre Dame ? »
« Oui, c’est Notre Dame ! »
Et plus tard, un coureur anglais au bout du rouleau cherche à savoir si les derniers kilomètres
du Marathon de Paris sont difficiles. Que lui répondre à part que les derniers kilomètres sont
toujours… difficiles ?
Sur le bord de la route, les visages sont magnifiques. Tant d’enfants à la recherche d’une
silhouette connue, tant de petits mots écrits à la main, tant d’encouragements simples et
sincères. Nous n’oublierons pas cette chanson entonnée par quelques filles à la sortie du Bois
de Vincennes : « Allez, allez, allez, vous êtes marathoniens ! »
A Paris, le 15 avril 2012, 40 000 coureurs de tous âges, tous niveaux et toutes nationalités
se sont réunis pour aller au bout d’eux-mêmes. Peut-on imaginer moment de sport plus
abouti ? Il suffisait de voir les visages remontant l’avenue Foch avant de passer sous la
banderole d’arrivée pour se convaincre de la beauté du moment. Oui, nous sommes tous des
marathoniens !
